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Les gens qui pratiquent un loisir artistique le savent, le matériel et l’équipement peuvent s’accumuler dans un placard. Pour remédier à cette situation, l’artiste textile et propriétaire de l'Attirail, Émilie Bellemare, a convié samedi les artistes amateurs à faire du troc entre eux dans son atelier de Chicoutimi-Nord.
L’idée d’organiser un atelier d’échange est apparue à Émilie Bellemare « par nécessité », lance-t-elle, d’emblée, au micro de l’émission C’est jamais pareil.
Quand on s'intéresse à un loisir créatif, c'est rare que ce soit seulement un loisir. On aime expérimenter, on aime aussi développer nos compétences, explique celle qui, inspirée par le courant switch and bitch, organisait déjà des activités de la sorte au cégep et à l’université avec ses amis artistes.
Sur place, plusieurs objets seront disponibles aux participants : des livres de tricot, des livres sur le feutrage, des laines, des métiers à tisser et même un petit rouet.
C’est vrai qu’on accumule. [...] Pour le tricot, par exemple, si on achète une fibre ou une laine en trop grande quantité, il nous reste.
Pour stimuler les échanges de matériel entre les artistes pendant l’activité, Émilie a invité Maryse, une organisatrice professionnelle basée à Saguenay, qui offre des services d'organisation et de désencombrement.
Ses valeurs rejoignent les miennes. C'est un prétexte de partage, un prétexte pour se rencontrer et discuter de nos projets. On va faire des échanges, on va parler de nos arts, de nos loisirs. Maryse va animer pour enrichir la conversation de manière à avoir une consommation plus consciente aussi, précise-t-elle.

Des tricoteuses ont notamment profité de l'occasion pour s'échanger de la laine.
Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer
C’est d’ailleurs ce désir de tisser des liens avec la communauté artistique qui a incité Émilie Bellemare à se lancer en affaires et ouvrir son atelier de la rue St-Jérôme.
L'art est émotif aussi. Quand on s'implique avec un équipement et qu'on veut commencer une création, on s'implique monétairement et émotionnellement. [...] Je fais face à des gens qui côtoient mon atelier et qui n'ont jamais eu d'aide, confie-t-elle.
Quand j'étais jeune, ma mère avait une machine à tricoter antique, mais elle n'avait personne pour lui montrer à s'en servir. Ça a fini par traîner dans le sous-sol. La communauté est importante aussi quand on veut opérer des équipements, confie-t-elle
En ouvrant la porte de son atelier , Émilie invite ainsi les créateurs à tisser des liens durables, une laine à la fois.


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