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Zohran Mamdani, Kamala Harris, Bernie Sanders... plusieurs figures médiatiques de la gauche américaine ont fermement dénoncé l’enlèvement du président vénézuélien.
L’intervention américaine menée sur le sol vénézuélien pour capturer Nicolás Maduro et sa femme fait massivement réagir aux États-Unis. Le paysage politique est profondément divisé. D’un côté, les élus républicains - et soutiens de Donald Trump - saluent sans surprise l’opération «Absolute Resolve» qui permet, selon eux, de «protéger les Américains» des conséquences du trafic de drogue. De l’autre, de nombreux représentants démocrates ont dénoncé l’enlèvement du chef d’État vénézuélien et la mobilisation de l’armée américaine à Caracas. Ils estiment que ces deux événements constituent une violation du droit international et de la Constitution américaine puisque le Congrès n’a pas été consulté.
À l’instar de Zohran Mamdani, le nouveau maire de New York, qui a personnellement appelé Donald Trump pour protester contre les frappes menées au Venezuela. «J’ai appelé le président et je lui ai parlé directement pour lui faire part de mon opposition à cet acte», a-t-il déclaré samedi lors d’une conférence de presse sans lien avec le sujet, ajoutant qu’il avait dit à Donald Trump qu’il était «opposé à toute tentative de changement de régime, à la violation du droit fédéral et international», rapporte le New York Times .
«Ce sont les familles américaines qui paient le prix»
Kamala Harris, ancienne candidate à la présidentielle de 2024 face à Donald Trump, s’est fermement opposée au président américain, estimant que les actions menées au Venezuela «ne rendent pas l’Amérique plus sûre, plus forte ou plus abordable». Tout en reconnaissant que Nicolás Maduro était un «dictateur brutal et illégitime», l’ancienne vice-présidente sous Joe Biden a affirmé sur X que «ce sont les familles américaines qui paient le prix» «des guerres pour un changement de régime ou pour le pétrole». «Le peuple américain ne veut pas de cela et il en a assez qu’on lui mente», a-t-elle déploré, estimant que Donald Trump ne cherche qu’à «jouer les caïds régionaux».
Kamala Harris a également accusé le président d’avoir mis les troupes américaines «en danger» et de «dépenser des milliards». «L’Amérique a besoin d’un leadership dont les priorités soient la réduction du coût de la vie pour les familles qui travaillent, le respect de l’état de droit, le renforcement des alliances et, surtout, la priorité donnée au peuple américain», a-t-elle déclaré.
«Acte de guerre»
Des arguments repris par d’autres représentants démocrates tels que le sénateur Bernie Sanders qui a rappelé sur X que «60% des Américains vivent d’un salaire à l’autre». «Donald Trump devrait se concentrer sur les crises nationales, mettre fin à ses aventures militaires illégales et cesser d’essayer de “diriger” le Venezuela pour le compte des grandes compagnies pétrolières», a-t-il appelé.
Le leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a insisté sur «la crise du coût de la vie» qui frappe les États-Unis et sur les «millions d’Américains ordinaires (qui) se voient privés d’accès aux soins de santé». Derrière la capture de Nicolás Maduro, l’élu ne voit pas seulement «une opération antistupéfiants», mais «un acte de guerre», a-t-il affirmé dimanche sur NBC.
«Détourner l’attention»
«Ils ont pénétré au Venezuela, bombardé des sites aussi bien civils que militaires. Et c’est une violation de la loi de faire ce qu’ils ont fait sans obtenir l’autorisation du Congrès», a renchéri son homologue au Sénat, Chuck Schumer. Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, a soutenu sur ABC dimanche que «cette autorisation n’était pas nécessaire parce que ce n’est pas une invasion. Nous n’avons pas occupé un pays (...) C’est une opération de police».
Pour Alexandria Ocasio-Cortez, représentante américaine du district de New York, l’opération «Absolute Resolve» était une manière pour l’administration Trump de «détourner l’attention de l’affaire Epstein et de l’explosion des coûts de la santé». «Il ne s’agit pas de drogue. Si c’était le cas, Trump n’aurait pas gracié l’un des plus grands narcotrafiquants du monde le mois dernier. Il s’agit de pétrole et de changement de régime», a-t-elle avancé. L’élue démocrate fait référence à l’ex-président du Honduras, condamné en 2024 à 45 ans de prison pour trafic de drogue, gracié par Donald Trump.


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