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Le ministre de l’Énergie du Nouveau-Brunswick, René Legacy, ne croit pas qu'il soit possible de changer l’emplacement prévu pour la construction d’une centrale électrique au gaz naturel et de respecter les délais prévus.
La société Énergie NB a sélectionné un emplacement à Centre Village, dans le sud-est de la province, pour ce projet qu'elle présente comme étant la meilleure solution afin d'éviter des pénuries d’électricité possibles en 2028 durant les périodes de pointe. Des résidents de la région s’opposent toutefois au projet.
La première ministre Susan Holt a exprimé le souhait que le projet soit réalisé à un autre emplacement plus acceptable pour la communauté. Elle ne confirme toujours pas, jeudi, que l'emplacement prévu près de Centre Village est définitif.

La première ministre Susan Holt ne confirme pas que l'emplacement sélectionné près de Centre Village soit définitif.
Photo : Radio-Canada
Non, parce que le processus avec l’évaluation environnementale continue. Ce processus n’est pas terminé. Ce n’est pas affirmé ou confirmé que ceci va avancer. On est dans la période d’évaluation des impacts environnementaux et moi, je pousse toujours pour la confirmation qu’on a évalué chaque option, chaque possibilité, et que les alternatives ont été toutes considérées et présentées pour qu’on puisse faire le meilleur choix, explique Susan Holt.
Le temps presse pour entreprendre ce projet dans les délais prévus, a toutefois rappelé René Legacy au cours d’une entrevue accordée jeudi à l'émission La matinale, d’ICI Acadie.
Je comprends la préoccupation de la population. La première ministre me demande souvent [si] on a vraiment fouillé pour trouver le meilleur lieu. Le problème, c’est qu’on ne pourrait pas changer de lieu à ce point-ci et d’avoir [cette centrale] pour 2028. On ne pourrait pas recommencer tout le processus environnemental et de consultation et de faire ça pour le mois d’avril, affirme René Legacy.
Le contrat conclu par le constructeur ProEnergy et Énergie NB prévoit jusqu’au 2 avril 2026 pour obtenir l’approbation de la Commission de l’énergie et des services publics. Sinon, ProEnergy peut se retirer de l’entente et vendre ses turbines ailleurs.

La centrale électrique Brotman, à Rosharon, au Texas, a des composants et une configuration similaires à ceux du projet proposé par ProEnergy à Centre Village.
Photo : ProEnergy
Et il faut réaliser le projet suffisamment tôt pour avoir le temps de le rentabiliser avant une autre échéance, poursuit René Legacy.
Ce qui arrive après 2028, pour plusieurs raisons, à cause des règlements du fédéral, qui dit qu’en 2048 le gaz naturel ne sera pas possible, ça change toute la formule de rentabilité pour le projet, indique le ministre. Si ça ne passe pas en 2028, on revient en ligne parce qu’il y a une file d’attente pour avoir ces [turbines]. On parlerait probablement de 2033-34 avant qu’on pourrait bâtir [une centrale].

Une manifestation regroupant environ 70 personnes s'est déroulée le 21 octobre 2025 devant l'édifice de l'Assemblée législative. Ces personnes s'opposent à la construction d'une centrale au gaz naturel dans la région de Tantramar.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Susan Holt ne croit pas que sa prise de position et celle de son ministre de l’Énergie soient contradictoires.
Il n’y a pas de dissonance, c’est une question de timing. Lui, il parle d’avant avril et ça, c’est vrai. On est dans un processus avec l’évaluation de l'impact environnemental pour l’endroit, là, mais on continue aussi de considérer c’est quoi les autres options parce que peut-être que ceci ne va pas passer, dit-elle.
Investissements imminents dans l’énergie renouvelable
Centre Village se trouve dans la circonscription de Tantramar, représentée par la députée verte Megan Mitton, qui recommande d’investir plutôt dans l’énergie renouvelable. Une annonce en ce domaine aura lieu bientôt, selon René Legacy.
On devrait, d’ici la fin des prochaines semaines, annoncer un autre 400 mégawatts d’éoliennes, qui nous apportent presque à 1000 nouveaux mégawatts d’éoliennes qui représentent quand même 33 % de ce qu’on produit en ce moment, fait entendre le ministre.
On vient juste d’ouvrir un appel d’offres sur les batteries, sur le solaire, pour commencer à apporter peut-être 50-100 mégawatts. Donc, il y a des investissements. Le projet de Tantramar, c’est pour avoir de l’énergie de base pour assurer qu’on est capables d’apporter ce renouvelable-là, ajoute-t-il.
Les audiences de la Commission de l’énergie et des services publics sur le projet de centrale au gaz naturel auront lieu en février.
Avec des renseignements de Nouemsi Njiké


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