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Une quinzaine de parents se sont réunis vendredi midi à l’hôtel de ville de Normétal pour démontrer leur attachement à l’école secondaire Boréale. La mairesse, qui endosse le mouvement, va plus loin et plaide pour le rétablissement des classes de secondaire 3, 4 et 5.
Nos enfants ont un sentiment d’appartenance ici, croit Julie, mère de trois adolescentes. Ils se sentent compris. Ce sont de plus petites classes. Ça crée une proximité facile avec les professeurs.
C’est un avis public du Centre de services scolaire (CSS) du Lac-Abitibi qui a mis le feu aux poudres. Émis mercredi, l’avis convie la population à une rencontre prévue le 11 mars pour discuter de l’avenir de l’école.

Julie Morin, mères de trois adolescentes.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Le CSS du Lac-Abitibi procédera à une assemblée d’information et de consultation publique sur la modification de l’ordre d’enseignement secondaire dispensé à l’école Boréale, pavillon de Normétal, spécifie le communiqué.
Entassés avec leurs manteaux, les parents ont été une demi-douzaine à prendre la parole. Plusieurs manifestent la crainte que leurs enfants perdent les services humains et personnalisés dont ils bénéficient à l’école Boréale. Ils pensent que leurs enfants se sentiront délaissés, comme des numéros, s’ils doivent étudier dans un établissement plus grand, comme la Cité Polyno de La Sarre.
Je trouve ça déplorable. Ça prend quelqu’un sur terre pour se battre pour les enfants. Je ne serais pas capable de le faire si je n’avais pas mon vécu et les épaules larges comme King Kong.
Les enfants de Normétal peuvent effectuer leur premier cycle du secondaire à l’école Boréale. Ils doivent ensuite aller à La Sarre pour leurs trois dernières années du secondaire.
Comme Julie, l’artisane Nathalie Joseph croit que ce modèle aide les enfants dans leur transition entre le primaire et le secondaire.

Nathalie Joseph et Audrey Paul de Normétal.
Photo : Radio-Canada / Gabriel POirier
Mes amis dont les enfants sont venus ici ont eu beaucoup de un à un. Ça a permis aux jeunes d’avancer plus vite. C’est ça qui donne de la confiance, raconte-t-elle.
Audrey Paul se dit très sensible à ce dernier point, ses enfants étant neurodivergents et ayant besoin de services adaptés à leurs besoins.
Ce n’est pas la première fois que la fermeture des classes du secondaire est envisagée à Normétal. Un sondage avait été mené en 2024, mais le CSS du Lac-Abitibi s’était défendu, faisant valoir que l’objectif était de comprendre pourquoi près d’un élève sur deux en première secondaire demandait un transfert d’école.
Intimidation et transport scolaire
Michael Bruno, 18 ans, a trouvé douloureuse son entrée à la Cité Polyno. C’est durant cette période de son adolescence qu’il a commencé à consommer de la drogue, une dépendance dont il est heureux et fier de s’être libéré.

Michael Bruno est de retour sur les bancs d'école,
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Je suis aux études au Centre Le Retour, à La Sarre. J’aimais le secondaire à Normétal. J’avais des amis. Je parlais avec tout le monde. Les intervenants avaient du temps pour nous […] À Polyno, on s’est séparés. Je suis l’une des personnes qui est tombée seule. J’ai subi de l’intimidation. Ça fesse, confie-t-il.
Il garde de beaux souvenirs de ses années à l’école Boréale, où ses amis et lui se serraient les coudes. Il faudrait rétablir le secondaire 5 à Normétal en ajoutant des choses qu’il n’y a nulle part ailleurs, ajoute-t-il. On était comme des agneaux à Normétal. On était tous ensemble. On s’est perdus de vue à Polyno.

Le pavillon de Normétal de l'école Boréale accueille des élèves notamment de première et de deuxième secondaire.
Photo : Radio-Canada / Gabriel POirier
Les parents sur place appréhendent des conflits et des risques d’intimidation si leurs enfants passent d’une petite école, avec une centaine d’élèves, à un établissement comptant près de 900 élèves. Plus tangibles encore sont les inquiétudes liées au transport scolaire, qu’ils souhaitent épargner à leur progéniture.
Aller plus loin
La mairesse de Normétal, Sarah Boughanmi, refuse d’envisager une fermeture, alors qu’elle décrit la municipalité comme étant en pleine expansion. Elle croit plutôt qu’il faut agrandir l’école pour y rétablir les classes de secondaire 3, 4 et 5.
Il y a eu un temps où il y avait un secondaire complet, mentionne-t-elle. Il y a des jeunes qui m’ont confirmé qu’ils ont eux-mêmes décroché en secondaire 3 ou 4 parce que c’était trop de travail, trop de temps, trop de transport, indique-t-elle.

La mairesse de Normetal Sarah Boughanmi.
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Elle ne décolère pas devant l’intention apparente du CSS du Lac-Abitibi, l’institution ayant confirmé en 2024 que les classes du secondaire pourraient rester.
L’éducation, c’est un droit. C’est un droit, qu’on soit en milieu rural ou dans une municipalité plus grande. Ce n’est pas un privilège réservé aux grands centres, complète-t-elle.
Le CSS du Lac-Abitibi n’a pas souhaité émettre de commentaires.


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