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L’hiver a mis les équipes des travaux publics de la Ville de Sherbrooke à rude épreuve. Après deux épisodes de verglas, qui ont notamment entraîné des interruptions presque inédites du service de la Société de transport de Sherbrooke et provoqué des dizaines de carambolages, la Municipalité a accepté de nous ouvrir les portes du centre névralgique des opérations de déneigement. Incursion.
Au poste de commandement de la rue des Grandes-Fourches, les quelque 90 employés s’échangent des quarts de travail afin d’assurer une présence 24 heures sur 24, sept jours par semaine. À cela s’ajoute une soixantaine d’employés de sous-traitants qui s'affairent à déneiger les moindres recoins de la Ville de Sherbrooke, avec une flotte de plus de 70 véhicules.

Un camion de la Ville de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
D’emblée, le chef de la division des travaux publics et de la construction à la Ville de Sherbrooke, Antoine S. Petit, le reconnaît : l’hiver 2025-2026 n’a pas été de tout repos jusqu’à maintenant. Le seul coupable, selon lui : le froid polaire presque permanent.
Ce qui donne la perception que le déneigement va moins bien cette année, c’est l’hiver froid qu’on a. En bas de -15 °C, le sel ne fonctionne pas, donc on utilise de l’abrasif, ce qui n’est pas suffisant pour enlever la croûte de glace qui se forme dans la plupart des rues. Quand on a plusieurs jours froids d'affilée, comme c’est le cas cette année, ça rend ça vraiment difficile, explique-t-il.

Les équipes gardent un œil sur les prévisions météo.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
Un hiver rude, mais pas plus difficile que d’habitude
Les épisodes de verglas ont également exigé une mobilisation rapide des équipes afin de limiter la formation de glace sur les routes principales et les secteurs les plus achalandés. Dans ces situations, les équipes doivent intervenir de manière préventive, souvent avant même le début des précipitations, ce qui n’est pas toujours possible.

Un accident impliquant plusieurs véhicules a eu lieu sur le boulevard de Portland à Sherbrooke le 11 novembre 2025. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Quand on a des événements de verglas, on doit sortir à l’avance pour étendre les abrasifs et tenter de prévenir la formation de glace au sol, soutient Antoine S. Petit. Mais quand le froid s’installe sur une longue période, les produits qu’on utilise n’ont pas le même effet. Ça prend vraiment une période de dégel.
Malgré ces défis, sur le terrain, les opérateurs estiment que l’hiver se déroule relativement bien jusqu’à maintenant. Moi, personnellement, je ne trouve pas que c’est plus difficile que d’habitude , affirme Kévin Dumas, opérateur de déneigeuse depuis huit ans à la Ville de Sherbrooke. Selon lui, les principales complications proviennent davantage de certains obstacles urbains que de la météo elle-même.
Son collègue Jean-François Picard partage une impression semblable, tout en reconnaissant la particularité de cet hiver. Dans l’ensemble, c’est un hiver qui est quand même rude avec les conditions, surtout avec le froid des dernières semaines, mais ça se passe bien. On s’adapte aux situations et on fait notre possible, dit-il.

Jean-François Picard est opérateur pour la Ville de Sherbrooke depuis quatre ans.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
Une priorisation calculée
Pour faire face à ces conditions, les opérations sont planifiées selon une priorisation bien précise. Les artères principales, les circuits d’autobus et les accès aux hôpitaux figurent parmi les premières zones traitées lors des précipitations importantes.

Une carte de la Ville de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
On a une cartographie complète de la ville avec des secteurs bien définis. Chaque opérateur a son circuit et on ajuste en temps réel selon l’intensité des précipitations et les conditions routières, explique Antoine S. Petit.
Cette coordination permet notamment d’assurer que les services d’urgence puissent circuler, même lors des pires tempêtes. Malgré tout, les plaintes de citoyens demeurent inévitables, surtout lors des tempêtes majeures ou des épisodes de gel prolongé.
On comprend que les gens veulent sortir de chez eux rapidement, mais parfois, on doit repasser dans certaines rues pour compléter le travail ou sécuriser les intersections, souligne M. Petit.
L’opérateur Kévin Dumas confirme pour sa part que les réactions sont généralement positives, bien que certaines frustrations émergent à l’occasion.

Kévin Dumas est opérateur pour la Ville de Sherbrooke depuis huit ans.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
La plupart du temps, les citoyens nous laissent passer, nous font signe de la main, nous disent merci. Mais c’est sûr que ça arrive qu’il y en a qui sont fâchés. L’autre jour, un monsieur venait de finir de pelleter sa cour, puis je repassais dans sa rue pour compléter mon circuit. J’ai eu droit à un petit mot d’église, raconte-t-il, le sourire en coin.
Face aux réactions parfois vives de certains citoyens après le passage tardif des déneigeuses, ou la lenteur de leurs déplacements, Kévin Dumas estime qu’une meilleure sensibilisation pourrait améliorer la cohabitation sur la route.
Ce que j’aimerais que les gens sachent, c’est que, grâce à nous, ils peuvent rentrer à la maison en sécurité, aller à leurs partys de famille à Noël pendant que nous, on est ici en train de travailler pour leur ouvrir les chemins, affirme-t-il. C’est un métier qui est crucial. Un petit merci, un petit signe de la main, c’est vraiment apprécié.


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