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Comment la Belgique propageait des “fake news” sur le Congo

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C'est une nouvelle expo très forte et interpellante que propose l'AfricaMuseum à Tervuren. Elle revient sur le "Panorama du Congo 1913" et en quoi ce fut une énorme autoglorification de la colonisation belge cachant délibérément l'extrême violence qui continuait dans la colonie : travail forcé, pillage des ressources, violence de l'ordre.

"Cette exposition, explique Bart Ouvry, directeur général du musée, invite le public à une confrontation critique avec le passé colonial et les traces que celui-ci laisse derrière lui encore aujourd'hui. Dénoncer la propagande coloniale constitue aujourd'hui l'une des tâches principales de l'AfricaMuseum, d'autant que cette propagande a été la raison d'être du musée du Congo de l'époque. Dans cette exposition nous laissons la parole aux Congolais : leur récit nous montre une tout autre réalité."

Port de Matadi. Par Paul Mathieu. 1911

Port de Matadi. Par Paul Mathieu. 1911 ©MRAC collection

Léopold II avait cédé "son" Congo" à l'État belge en 1908 suite à l'indignation mondiale. En 1913, le gouvernement voulait montrer à l'exposition universelle de Gand qu'il y avait un "nouveau Congo". Deux peintres Alfred Bastien et Paul Mathieu, furent chargés de réaliser une peinture monumentale de 1600 mètres carrés : 115 m de long, 14 m de haut, stockée aujourd'hui, roulée, à Ypres, au musée de l'armée. Avec des perforations dues aux baïonnettes des soldats allemands qui cherchaient à savoir ce que contenait cette toile enroulée.

Les peintres relataient dans la presse avec enthousiasme l’énorme quantité d’ivoire et de caoutchouc expédiés du Congo. De cela, rien ne figure sur le panorama. Photographes Alfred Bastien et Paul Mathieu. 1911.

Les peintres relataient dans la presse avec enthousiasme l'énorme quantité d'ivoire et de caoutchouc expédiés du Congo. De cela, rien ne figure sur le panorama. Photographes Alfred Bastien et Paul Mathieu. 1911. ©Collection MRAC

Les visiteurs entraient dans un bâtiment circulaire et, d'une scène centrale surélevée, pouvaient voir la fresque comme un énorme paysage les entourant, avec, devant, des personnages et de la terre renforçant l'illusion.

La triste et véritable histoire des "zoos humains"

Un "panorama immersif" comme celui qu'on peut encore voir à Waterloo et comme on en fit un au musée du Cinquantenaire. Il y eut 250 000 visiteurs à Gand. Devant le succès, on montra à nouveau la fresque à l'exposition de Bruxelles en 1935 et pensa même la montrer à nouveau, restaurée, à l'Expo 58 ! On imagina même un bâtiment permanent à Tervuren pour l'exposer, mais l'idée fut abandonnée à cause de son coût.

Une peinture monumentale de 1600 mètres carrés.

"Machine à mensonge"

Les deux peintres visitèrent le Congo, de Matadi à Léopoldville, prirent des photos sur verre, firent des croquis et de belles aquarelles, mais se dirent, dans une lettre exposée aussi, "contraints" par l'État.

Schéma du panorama, par Shurouq Mussran 1997

Schéma du panorama 1913, par Shurouq Mussran 1997 © Shurouq Mussran

Le résultat est appelé aujourd'hui une "fake news" avant la lettre. La poétesse et slameuse Joëlle Sambi parle d'un trompe-l'œil géant, "une machine à mensonge".

Intransportable, la fresque a été reproduite pour cette expo à l'échelle 1/9. On voit comment elle montre à l'avant-plan les Congolais comme des "primitifs" et à l'arrière, par contre, la "modernité coloniale" avec bateaux au port, les ponts en béton, les maisons en dur, etc.

On a retrouvé les enregistrements d'époque, de 1912, des chants de ces Congolais forcés au travail, traduits seulement aujourd'hui, et qui sont des bouleversants appels à l'aide. On peut entendre ces chants tout en voyant la fresque sur laquelle est superposée la traduction des chants : " Partez et courez, nous sommes tous en train de mourir." Une preuve que contrairement à l'image propagée par la Belgique, la colonisation ne s'est pas faite en paix (il y eut des révoltes, comme celle des Teke).

Le musée africain de Tervuren met les voiles

On a retrouvé, et on expose, des photos d'époque montrant un tout autre "paysage" : des chaînes aux pieds pour certains travailleurs, le travail forcé, les montagnes de défense d'éléphant, les forêts abattues, la construction de routes et chemin de fer entraînant des morts nombreuses (on a parlé d'un mort par traverse de chemin de fer), des colons prenant l'apéritif à une table où se trouvent des crânes.

L'expo confronte la fresque et ses détails avec les photos. Une vidéo donne la parole aux. Congolais d'aujourd'hui qui parlent de cette fresque et des souvenirs douloureux de leurs ancêtres. Une expo qui n'élude pas le fait que le musée lui-même faisait partie de cette communication coloniale.

La coupe du bois. Forêt de Mayombe, Congo Central,. Photographe Adolphe Mahieu. 1899.

La coupe du bois. Forêt de Mayombe, Congo Central,. Photographe Adolphe Mahieu. 1899. ©Collection MRAC

Des artistes contemporains ont été invités à réfléchir à la propagande néocoloniale qui demeure. Avec le titre éloquent de La Promesse du Vide, l'artiste en résidence à Tervuren, Hilary Balu, montre comment la promesse coloniale de modernité et de progrès fonctionne encore aujourd'hui.

The Congo Panorama 1913, AfricaMuseum, Tervuren, jusqu'au 27 septembre

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