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International 15/01/2026 13:30 Actualisé le 15/01/2026 14:17
Dans un premier temps annoncé comme condamné à mort, après avoir pris part aux manifestations qui se déroulent actuellement en Iran, Erfan Soltani ne sera finalement pas exécuté, selon les autorités iraniennes.

ANNETTE RIEDL / dpa Picture-Alliance via AFP
Les ONG font état d’au moins 10 000 arrestations de manifestants depuis le début des mobilisations en Iran.
EN BREF • Erfan Soltani, manifestant iranien de 26 ans, ne sera finalement pas exécuté malgré une condamnation initiale à mort.
• Les autorités iraniennes annoncent une peine de prison possible, dissipant les craintes des défenseurs des droits humains.
• Les accusations portées contre Soltani incluent « des rassemblements contre la sécurité nationale et de la propagande ».
Pas de peine de mort pour Erfan Soltani ? Le sort de ce manifestant iranien arrêté par le régime islamique lors de la révolte qui secoue le pays semble avoir été scellé ce jeudi 15 janvier. « S’il est reconnu coupable, il sera condamné à une peine de prison car la loi ne prévoit pas la peine capitale pour ces chefs d’accusation », a annoncé l’agence du pouvoir judiciaire, dissipant ainsi les craintes exprimées ces derniers jours par les défenseurs des droits humains.
Erfan Soltani, 26 ans, a été arrêté à son domicile, situé à Fardis, le 8 janvier. Il est notamment accusé par le régime de rassemblements contre la sécurité nationale et de propagande contre le système. En bref, d’avoir manifesté contre la République islamique d’Iran. Son nom et son visage sont rapidement devenus viraux à l’international car il aurait donc pu devenir le premier manifestant identifié et condamné à mort depuis le début de ces mobilisations en Iran, le 28 décembre. « Il s’est toujours battu pour la liberté de l’Iran et, aujourd’hui, nous le voyons debout sous la potence », a déclaré une de ses proches sur CNN, rapporte Ouest-France.
« Sa famille a été informée qu’il avait été condamné à mort et que la sentence devrait être exécutée le 14 janvier », indique l’ONG Iran Human Rights basée à Oslo (IHNRGO). Aucune autre information n’aurait été communiquée à la famille, qui n’aurait eu le droit qu’à une « brève visite » à la prison de Karaj, près de Téhéran, où il est incarcéré.
« Ennemis de Dieu », un argument de la charia pour la peine de mort
Les groupes de défense des droits humains dénoncent une privation des droits fondamentaux d’Erfan Soltani, notamment « l’accès à un avocat, le droit à la défense et les autres garanties essentielles d’une procédure régulière ». Les autorités auraient également empêché la sœur du jeune homme, avocate, d’accéder à son dossier.
Une autre annonce du parquet iranien avait justement alerté les ONG, ce mardi 13 janvier. L’autorité déclarait qu’un nombre indéterminé de manifestants seraient poursuivis pour « moharebeh », un mot qui pourrait se traduire en français par « ennemi de Dieu ». Il s’agit de l’un des chefs d’accusation les plus graves en Iran, passible de la peine de mort. Ce chef d’accusation relèverait en fait d’un fourre-tout législatif venant de la charia, la loi islamique.
« Le régime iranien doit renoncer à cette mise à mort […] Faisons connaître ce nom et ce visage, ce sont ceux d’un jeune homme qui n’aspire qu’à vivre libre. Comme lui, pas moins de 10 000 manifestants sont retenus dans les geôles iraniennes. Et risquent le même sort », avait d’ailleurs écrit dans une publication X le chef du parti Renaissance, Gabriel Attal.
Amnesty International a demandé à l’Iran de « surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani ».
« Les tueries ont pris fin » selon Trump
Le sort d’Erfan Soltani ainsi que celui des autres manifestants arrêtés est désormais en stand-by, et les sons de cloche semblent différer entre les membres du régime. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait affirmé qu’il n’y aurait « pas de pendaison » mercredi ou jeudi, dans une interview à la chaîne américaine Fox News. « Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel », a pour sa part lancé mercredi le ministre de la Justice, Amin Hossein Rahimi.
Selon Donald Trump, « les tueries ont pris fin » et l’exécution prévue des manifestants n’aura « pas lieu », a-t-il annoncé ce mercredi 14 janvier de « sources très importantes ». Un responsable gouvernemental iranien avait affirmé mercredi qu’aucune nouvelle « émeute » (ndlr : terme employé par le régime pour parler des manifestations) n’avait eu lieu depuis le lundi, rapporte TV5 Monde.
Les États-Unis avaient menacé de mettre en place une intervention militaire dans le cas où la répression brutale menée par le régime ne prenait pas fin. « On observera ça et on verra quelle est la suite », a-t-il ajouté, ne fermant pas totalement la porte à une intervention américaine.


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