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À quelques jours de la visite du pape Léon XIV, la société civile camerounaise saisit l’occasion. Le Collectif des Femmes et Mères des prisonniers politiques (COFEM) a remis ce lundi 13 avril 2026 un mémorandum à Mgr Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala, à l’attention du souverain pontife. Le collectif réclame la libération de l’opposant Djeukam Tchameni et de tous les prisonniers politiques détenus au Cameroun.
Un mémorandum remis en main propre à l’archevêque de Douala
Le document a été transmis par une délégation conduite notamment par Me Alice Nkom, avocate connue pour ses positions sur les droits humains, Mme Makini Tchameni épouse Djeukam Tchameni et Mme Henriette Ekwe.
Le mémorandum s’inscrit dans la campagne baptisée « Paix & Réconciliation », décrite comme une initiative citoyenne et pacifique. Le COFEM demande au pape Léon XIV d’intercéder auprès des autorités camerounaises pour obtenir la libération de Djeukam Tchameni et de tous les détenus politiques, notamment ceux issus des crises du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et des crises post-électorales de 2018 et 2025.
En parallèle, une pétition internationale circule sur le site panafricanpetition.org. Elle a recueilli à ce jour plus de 580 000 signatures — un chiffre record selon le collectif, traduisant une indignation qui dépasse largement les frontières camerounaises.
Une visite papale utilisée comme levier politique
La démarche du COFEM illustre une réalité : la venue du pape Léon XIV n’est pas perçue uniquement comme un événement religieux. Pour des familles de détenus, des militants et des organisations de défense des droits humains, c’est une fenêtre diplomatique rare.
Le souverain pontife, chef d’État du Vatican, dispose d’une autorité morale reconnue mondialement. Son passage au Cameroun est vu comme une opportunité d’amplifier des voix que les institutions nationales peinent à entendre.
La question des prisonniers politiques reste un sujet sensible au Cameroun. Des centaines de personnes sont incarcérées dans le contexte de la crise anglophone et des contestations électorales. L’État camerounais a déjà posé un geste symbolique en annulant certaines condamnations avant la visite papale, mais pour des familles comme celle de Djeukam Tchameni, cela reste insuffisant.
Le mémorandum du COFEM sera-t-il entendu par le pape Léon XIV ? Rien n’est acquis. Mais avec plus de 580 000 signatures derrière lui, le collectif arrive avec un poids moral difficile à ignorer. La visite papale pourrait bien devenir un tournant dans ce dossier.


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