Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Bob Eichenberger, l’homme-forêt qui habite un village gaspésien abandonné

2 week_ago 23

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Dans la région de la baie des Chaleurs, des Gaspésiens vivent au rythme de la terre et dans le respect de la nature. Le Devoir est allé à leur rencontre, à la chasse aux possibles.

En haut du chemin de gravier qui monte depuis Carleton-sur-Mer vers l’arrière-pays gaspésien, une pancarte annonce Saint-Louis-de-Gonzague. Pourtant, depuis 1974, cette paroisse est fermée. Le cœur du village, un secteur appelé Biron, a disparu : ses maisons, son église, son école ont été déménagées ou brûlées. Et les champs, défrichés à force de miséreux labeurs, ont été reboisés. L’humanité ayant horreur du vide, quelques maisons y subsistent, et des gens s’y trouvent pour les habiter.

La terre d’une cinquantaine d’hectares de Bob Eichenberger, autrefois cultivée par la famille Falardeau, est désormais une plantation d’épinettes de Norvège. « La plupart des gens qui rentrent ici disent : “Wow, c’est une belle forêt.” Mais non — c’est un écosystème endommagé », explique M. Eichenberger, un homme de 70 ans qui consacre sa vie à la restauration d’un équilibre entre la foresterie et la nature, et qui vit depuis 2009 au creux de cette forêt mal-aimée avec sa conjointe, Marie-France Lake.

Ce cow-boy des bois, tout de jeans vêtu, chapeau sur la tête, gueule carrée, marche avec sa chienne boiteuse, Loulou, à travers les rangées parfaitement droites de conifères, dans la lumière filtrée par les rameaux. Jamais il n’a trouvé un seul arbrisseau d’épinette de Norvège. En ces terres, l’espèce est stérile. M. Eichenberger y perce donc des trouées et réintroduit des feuillus indigènes, comme le chêne rouge et le bouleau jaune. Il concocte une forêt diversifiée, y met tout son cœur, même s’il sait très bien qu’il n’en verra jamais le résultat final.

Après un kilomètre de marche apparaît son domaine bâti : immense atelier, vieille yourte, puits, jardin clôturé, maison bricolée. Ces jours-ci, il débite du bois pour remplacer sa résidence érigée à la va-vite, qui se voulait temporaire. L’homme sait tout bâtir, tout faire. L’an dernier, il s’est transformé en électricien pour installer une douzaine de panneaux solaires chez lui. Et quand l’eau de son puits est devenue trouble à cause d’une sécheresse, il a dégainé son microscope pour confirmer que les particules en suspension étaient minérales, et non bactériennes, et que l’eau était donc potable.

Mais son instrument de prédilection, c’est vraiment son moulin à scie. Des planches aux bords sinueux s’empilent dans la cahute protégeant la machine. Le prix du bois est « fixé par des cartels, critique-t-il. Moi, ce que je préconise, c’est de transformer. » Récemment, une envie de manger davantage de poisson lui est venue. Il veut pêcher la plie et le maquereau dans la baie des Chaleurs. Son « projet du samedi », c’est donc de bâtir un doris terre-neuvien, petit bateau à fond plat propulsé à voile et à rames. Dans son atelier, l’embarcation prend forme. « Si ça marche bien, je pourrai en construire d’autres et les vendre », pense cet habitué de la débrouille.

Ce bateau n’aura pas de moteur (même s’il faut une camionnette pour aller le mettre à l’eau). En général, M. Eichenberger aime se passer de ces engins bruyants qui effraient les animaux et qui puent. « Quand j’entends qu’un nouveau rapport du GIEC est sorti, je décrète que c’est une journée sans moteur », explique-t-il. Dans le bois, l’homme travaille souvent à la hache et à la scie. L’essentiel, selon lui, est de bien savoir affûter ses outils. Il a calculé que, pour ébrancher un arbre abattu, une scie mécanique n’en vaut pas la peine : il faut des milliers d’heures de travail pour rembourser les dépenses associées à l’usure de l’outil et à son carburant.

Un livre qui change la vie

Le seigneur continue de nous faire visiter son fief forestier. On voit son potager en dormance, ses panneaux photovoltaïques, son caveau à légumes, ses pruniers. Il veut faire du schnaps de prune. « Je suis moitié Hongrois, moitié Suisse », justifie-t-il. À l’intérieur de la maison protéiforme, Marie-France Lake coupe des poireaux pour les intégrer dans une omelette. « Ici, on a un an de nourriture en réserve », dit la dame de 64 ans. Un printemps, la route de Carleton-sur-Mer était impraticable, trop boueuse, même en camionnette. Pendant une cinquantaine de jours, le couple a fait l’expérience de l’autarcie, et il n’a pas détesté.

Dans le salon, M. Eichenberger raconte son histoire familiale. Son père, suisse, avait émigré au Canada pour se refaire une vie après le service militaire ; sa mère, hongroise, était une dissidente anticommuniste qui avait fui son pays à la fin des années 1940. Les deux travaillent dans un chic hôtel de Montréal quand ils se rencontrent. Le couple s’établit dans une ferme à Fabreville et fait famille. Le jeune Bob, ostracisé par ses pairs en raison de ses racines étrangères, trouve refuge dans un boisé près de chez lui, où il va jouer.

Devenu adulte, M. Eichenberger occupe mille petits boulots en foresterie. Il aime le bois, mais, arrivé dans la trentaine, se tanne des contrats « déprimants », « basés sur les coupes à blanc et les monocultures ». C’est alors qu’il tombe sur un livre qui va changer sa vie : Une forêt pour vivre, de Léonard Otis. « Ça m’a donné de l’espoir », raconte-t-il en déposant le vieux recueil vert sur la table. Militant syndical et forestier, Léonard Otis (1924-2019) est connu pour sa promotion du concept de ferme agroforestière.

En 1993, M. Eichenberger trouve le numéro de téléphone de M. Otis et se retrouve, quelques mois plus tard, à travailler à ses côtés. Il apprend les bases d’un modèle forestier plus durable. « C’était vraiment un bon gars », se rappelle-t-il, les yeux brillants. « Je ne lui arrive pas à la cheville. » Il se met en tête d’aller, lui aussi, trouver sa forêt pour vivre. À cette époque, il rencontre Mme Lake, qui entretient le même rêve. Des années plus tard, ils déboulent tous les deux à Saint-Louis-de-Gonzague, sur l’une des rares terres qu’ils peuvent s’offrir.

Naît alors le projet de restaurer cette forêt déséquilibrée. M. Eichenberger peaufine son modèle agroforestier, qui repose sur une bonne part d’autosuffisance. En 2011, il signe un chapitre dénonçant le « désastre » de la coupe forestière industrielle en Gaspésie dans La reconquête du Québec, de Roméo Bouchard. En 2024, il publie un livre intitulé L’écoforesterie. L’homme des bois s’implique aussi pour la sauvegarde de forêts exceptionnelles, comme celle de la ZEC des Anses, à Chandler. Même s’il habite au creux des bois, ce n’est pas une ermite : ce « faiseur de bruit », qui joue de la flûte et du violon, participe régulièrement à des jams avec ses amis des villages côtiers. Il accueille aussi des jeunes sur sa terre pour leur montrer son art de vivre.

C’est l’heure du dîner. M. Eichenberger attaque la soupe au chou, puis l’omelette. Dehors, le printemps prend ses aises. Et, bonheur, les mouches ne sont pas encore arrivées. Mme Lake croit qu’elle ne s’habituera jamais à ces petites bêtes. Mais elle ne se plaint pas : ici, la nature reconquiert un royaume saccagé. « Quand on est arrivés ici, c’était dévasté, raconte-t-elle. Il n’y avait pas un oiseau qui chantait. » Depuis, grâce aux efforts de M. Eichenberger, la forêt se diversifie. Les animaux reviennent : oiseaux, porcs-épics, renards, orignaux, ours (qui volent les pommes). « Aujourd’hui, ça commence à être merveilleux… » relève l’homme avant de piquer une nouvelle bouchée.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway