TDI, GDI, TDCI, Turbo ie… Tous ces sigles sont bien connus et recouvrent une technologie aujourd’hui indispensable à l’automobile : l’injection. Qui donc l’a inventée ? Et depuis quand ?

Par Bernard JOUVIN - Hier à 06:05 - Temps de lecture :

La technologie de l’injection fait suite à l’utilisation du carburateur, qui a régné 100 ans. Pour que le carburant s’enflamme, il faut une étincelle et de l’air.

Dans un carburateur, le carburant est aspiré par une buse et se mélange à l’air, aspiré par le haut du carburateur.

Dans le système d’injection, le mélange air et carburant est poussé vers le moteur par une pompe, d’où une plus grande efficacité. D’abord mécanique, l’injection est désormais électronique.

Circuit d’injection avec rampe commune ; l’intérêt du système d’injection est d’optimiser en permanence le mélange air/carburant. Photo DR Circuit d’injection avec rampe commune ; l’intérêt du système d’injection est d’optimiser en permanence le mélange air/carburant. Photo DR

 Une invention révolutionnaire

A la fin du 19e siècle, c’est l’effervescence ; la voiture vient de naître et c’est l’époque de tous les possibles : voiture électrique, à vapeur, à pétrole…

En 1893, Rudolph Diesel – l’homme que tout le monde connaît désormais – invente l’injection de carburant dans un moteur thermique et dépose un brevet.

En 1902, Léon Levavasseur fabrique, pour l’aviation, un moteur V8 avec un système d’injection directe de carburant. Un système qui permet au moteur de ne pas être tributaire de l’alimentation en air en altitude.

Généralisation dans les années Trente

En Allemagne, Mercedes et Bosch vont mettre au point le système d’injection pour le Messerchmitt 109 ; l’injection est supérieure au carburateur qui, dans les manœuvres violentes, n’est plus alimenté et qui provoque des coupures dans l’alimentation.

Il faudra attendre la fin de la deuxième guerre mondiale pour voir les constructeurs automobiles s’intéresser à l’injection.

En 1949, ce sont les voitures d’Indianapolis, puis, vers 1953, une voiture de compétition anglaise et, en 1954, de nouveau Mercedes, qui utilisent l’injection indirecte ou directe en compétition.

Le Messerchmitt 109 est le premier chasseur de la deuxième guerre mondiale à se servir d’un système d’injection. En cas de voltige, il était à l’abri du déjaugeage des carburateurs qui affectait les avions avec moteur à carburateur. Photo DR Le Messerchmitt 109 est le premier chasseur de la deuxième guerre mondiale à se servir d’un système d’injection. En cas de voltige, il était à l’abri du déjaugeage des carburateurs qui affectait les avions avec moteur à carburateur. Photo DR

Sur les voitures de série

En 1950, Georges Regembeau installe une injection directe d’essence sur une Traction Avant ; c’est une première sur une voiture commercialisée. Mais c’est quand même la compétition qui fait avancer la technologie.

Dès 1961, Ferrari se lance dans l’injection pour ses "formule 1". Les systèmes d’injection se multiplient, notamment Kugelfischer qui construira des injections indirectes mécaniques, très performantes sur les voitures sportives.

A la fin des années soixante, l’électronique se perfectionne et c’est l’injection électronique (d’abord pour le gazole, puis pour l’essence) qui est démocratisée. Elle permet de prendre en compte des milliers de paramètres pour adapter la qualité du mélange air/essence en fonction des besoins du moteur.