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Du 24 au 27 janvier 2026, les 65 automobiles de la vente seront exposées dans le Garage Privé du Peninsula Paris, spécialement transformé en galerie éphémère.
Une vente aux enchères se tiendra le mardi 27 janvier à 14h dans le Grand Salon de l’hôtel. Parmi les 65 automobiles de collection mises aux enchères, on retrouve la Formule 1 Ferrari F92A de Jean Alesi. Mais comment est-il devenu propriétaire de cette voiture ?
Jean d’Avignon
Les carrières au plus haut niveau tiennent parfois à un fil surtout quand vous ne venez pas au monde avec une cuillère d’argent dans la bouche.
Jean Alesi, né Giovanni Alesi, fils d’un carrossier automobile d’origine Sicilienne, baigne vite dans les odeurs d’huile et de peinture. Après une saison de karting seulement en 1982, Jean s’attaque à la coupe Renault 5 où son style “généreux” fait fureur.
Jean n’a pas d’autre choix que de gagner. La plupart du temps, la prime de victoire sert à faire le plein de la voiture familiale pour rentrer à Avignon.
Direction la monoplace
Après un titre en F3 il accède à la F3000, alors considérée comme l’antichambre de la F1. Mais après une première saison décevante, il est à deux doigts de tout arrêter.
L’argent manque et un conseil de famille est organisé, avec le père et le frère. La décision est prise : si la saison 1989 ne porte pas ses fruits, ce sera la dernière.
Jean s’engage dans l’équipe d’Eddie Jordan pour cette saison 1989. Sûrement la meilleure année de la carrière du jeune français avec le titre, trois victoires, une participation aux 24 heures du Mans et un appel d’un certain Ken Tyrrell.
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À la fin du Championnat du Monde de Formule 1 en 1992, la F92A # 136 est donc offerte à Jean Alesi par l’écurie Ferrari.
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Cette pièce d’histoire est restée intacte, complète de son mythique V12 et de tous ses éléments mécaniques et électroniques d’origine.
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Après une révision complète et deux tours de piste du pilote sur la célèbre piste de Fiorano, elle rejoint la salle de sport de la villa avignonnaise du pilote
Alesi sur orbite
Le patron de l’écurie anglaise Tyrrell vient de trouver un nouveau sponsor, le cigarettier Camel. Mais son pilote, Michele Alboreto est soutenu depuis toujours par Marlboro. Impossible pour lui de courir sous les couleurs jaunes du chameau. Oncle Ken se met à chercher un pilote.
Eddie Jordan, toujours à l'affût d’une bonne affaire accepte de prêter pour quelques courses. On connaît la suite : dès son premier grand prix au Paul Ricard, Jean Alesi termine quatrième.
Jean signe ensuite un début de saison 1990 tonitruant avec une seconde place au GP des USA de Phoenix après une bagarre épique avec Ayrton Senna. Alesi est sur orbite et signe en 1991 avec Ferrari, son écurie de cœur.
Au mauvais endroit au mauvais moment
La saison 1991 s’annonce prometteuse. La Ferrari 643 domine les essais hivernaux et Jean est associé à son idole Alain Prost. Rien ne va se passer comme prévu, le moteur V12 Ferrari est fragile comme du verre et le châssis n’est pas compétitif.
Prost obtient quatre podiums et Alesi deux en neuf courses, sur fond de polémique permanente entre le Professeur et les pontes de l’écurie.
En 1992, Jean ne fait guère mieux avec une Ferrari difficile à conduire et termine pour la deuxième année consécutive à une décevante septième place au championnat pilotes.
Pourtant Alesi se démène comme un diable au volant de la rétive Ferrari. Entre chaque course, il enchaîne les réunions avec les ingénieurs et lime inlassablement le bitume de la piste d’essai Ferrari, à Fiorano.
Après avoir passé deux ans à tout donner à son écurie, Jean Alesi voit arriver le bout du tunnel. Une saison 1993 qui se présente bien, on parle même de l’arrivée d’un certain Jean Todt, l’homme qui a tout gagné avec Peugeot, à la tête de l’écurie. Mais pour Jean, ce sera d’abord la douche froide.
La trahison
“J’étais sur le circuit d’Estoril, pour des essais. Un journaliste Italien m'appelle et m’annonce que l’écurie recrute Gerhard Berger.” Une bonne nouvelle pour Jean qui s’entend bien avec le pilote Autrichien. “Mais Ferrari avait embauché Berger comme premier pilote de l’écurie. Un statut particulier qui lui permettait d’avoir une voiture de réserve, des essais et de nouvelles pièces en priorité, etc.”
Jean Alesi appelle donc Niki Lauda, team manager de Ferrari pour lui signifier son mécontentement. “A l’époque, la Ferrari était mauvaise. Je prenais le départ de la course, et on me disait : le moteur va tenir 20 tours. Je faisais quand même les 20 tours à fond, je me battais pour Ferrari, malgré les performances.”
Niki Lauda, conscient de ne pas avoir été très fair play avec son pilote, lui propose alors de l’argent. “Je ne voulais pas d’argent, je voulais juste du respect. J’ai refusé. Le soir, Luca di Montezemolo, patron de Ferrari, m’a appelé. Il m’a offert la monoplace de la saison 1992.”
Une F1 encore dans son jus
À la fin du Championnat du Monde de Formule 1 en 1992, la F92A # 136 est donc offerte à Jean Alesi par l’écurie Ferrari. Après une révision complète et deux tours de piste du pilote sur la célèbre piste de Fiorano, elle rejoint la salle de sport de la villa avignonnaise du pilote, où elle est exposée depuis près de 40 ans!
Cette pièce d’histoire est restée intacte, complète de son mythique V12 et de tous ses éléments mécaniques et électroniques d’origine. Il s’agit d’une véritable capsule temporelle puisqu’elle n’a jamais couru depuis qu’elle a quitté Maranello en 1992.
Pour Jean, “Cette Ferrari F92A représente un morceau de ma vie, un symbole de ma passion pour Ferrari et de l’époque où tout était fait pour aller vite. J’espère qu’entre les mains d’un vrai passionné, elle retrouvera la piste. Elle sera quoi qu’il en soit toujours la bienvenue au Circuit Paul Ricard – ce qui me permettra de la revoir, cette fois en pleine action !” Il est en effet possible de se porter acquéreur de cette F1 Ferrari pour une estimation comprise entre 3 et 5 millions d’euros. Le prix de la légende.
Exposition
Du 24 au 27 janvier 2026, de 11h à 18h
The Peninsula Paris
19 avenue Kléber
75116 Paris
Vente aux enchères
Automobile Legends
27 janvier 2026 - 14h
Grand Salon - The Peninsula Paris


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