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Dans le nord du Nouveau-Brunswick, la paroisse de Petit-Rocher célèbre ses messes dominicales au sous-sol de la bâtisse durant les mois les plus froids de l’année. L'objectif est de réduire la facture et les coûts de fonctionnement.
Avec cette initiative, lancée en janvier 2025, le curé responsable de la paroisse, le père Maurice Frenette, croit pouvoir économiser plus de 600 dollars par mois, ce qui pourrait aller jusqu'à près de 4000 dollars cet hiver.
La population est en diminution, les gens qui fréquentent l’église sont en diminution également. Alors, c’est certain que les revenus sont grandement en diminution. Ça fait en sorte qu’on doit prendre des décisions pour essayer de maintenir ce que nous possédons, je dirais, en termes de parc immobilier, affirme le père Frenette.

Durant les mois les plus froids de l'année, l'enceinte principale de la paroisse de Petit-Rocher est généralement vide. Les fidèles célèbrent dans le sous-sol du bâtiment.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Ce dernier juge que les revenus, issus principalement de la quête dominicale, ne suffisent plus pour payer les coûts de fonctionnement de la paroisse.
Les dépenses dépassent largement les revenus que nous avons actuellement. Alors c’est la raison pour laquelle on trouve des solutions, des options comme celle-là, de célébrer au sous-sol.

Le père Maurice Frenette est fier de contribuer à la pérennité de la paroisse de Petit-Rocher. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Seulement pour le chauffage d'une église comme Petit-Rocher, la facture annuelle frise presque le 45 000 à 50 000 dollars. Alors, c’est sûr que ça prend des revenus, lance-t-il.
Une communauté tissée serrée
Ce lieu inusité crée d’ailleurs une proximité auprès des fidèles, ce qui favorise la vie communautaire auprès des croyants. Selon M. Frenette, un certain décorum est maintenu, malgré le lieu.
C’est avec des chaises au lieu des bancs. C’est donc beaucoup moins rigide, on peut dire comme ça. Oui, on l’a aménagé comme un lieu de culte, une chapelle. Mais les gens ont l’impression d’être, un petit peu, comme chez eux, dans le sous-sol, dit-il, le sourire aux lèvres.

Lors des messes hivernales de la paroisse de Petit-Rocher, les croyants sont assis sur des chaises, au lieu de bancs.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Le vicaire de la paroisse de Petit-Rocher, le père Gilbert Augustin Rasamimanana, est du même avis.
Les gens trouvent [plus facilement] le temps de se parler avant ou après la messe. Le sous-sol crée une communauté, fait-il valoir.
Il se réjouit de constater que les célébrants sont au même niveau que les fidèles.
Les fidèles et les célébrants sont sur le même plancher. Dans le sous-sol, nous sommes sur le même pied d'égalité.

Gilbert Augustin Rasamimanana est vicaire de la paroisse de Petit-Rocher. Il est en quelque sorte l'assistant de l'établissement, situé dans le nord du Nouveau-Brunswick. Il est souvent le célébrant principal durant le temps des Fêtes.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Gisèle Aubé fréquente régulièrement sa paroisse locale de Petit-Rocher. Depuis l'hiver dernier, elle estime qu'un esprit de famille règne au sein de sa communauté. C'est plus chaleureux. On est plus uni, lance-t-elle.

Gisèle Aubé est une fidèle de la paroisse de Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
De célébrer au sous-sol, c'est très bien, ça fait plus communauté et l'on a la chance de bien se préparer pour la célébration. Puis on sait que ça coûte très cher de chauffer [la paroisse], raconte un autre fidèle de la région, René Bertrand.
Ce sont les [croyants] qui font l'Église, la bâtisse c'est seulement [secondaire]. Dans l'avenir, les églises vont devenir de plus en plus petites.

René Bertrand est fidèle qui fréquente la paroisse de Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Récemment, la paroisse a pris d'autres mesures pour réduire son fardeau financier, en permettant notamment au presbytère d'être transformé en un centre d'arts.
Il y a une réflexion à avoir. Où est-ce qu'on se voit dans cinq ans ou dans dix ans. Ces réflexions nous guident pour prendre des décisions. De célébrer au sous-sol fait réaliser aux gens que l'Église, c'est d'abord et avant tout la communauté, ajoute le père Frenette.
Les croyants de la paroisse comptent célébrer, à nouveau, dans l’enceinte principale du premier étage dès ce printemps, aux alentours de mars ou avril.


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